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L'ORIGOLE toujours aussi terrible !


Fidèle à sa réputation de « tueuse de finishers » comme elle fût baptisée par certains adeptes de l'ultra-trail, L'ORIGOLE 2009 aura tenue toutes ses promesses. Le record de participation a été battu, la course affichant complet avec 500 concurrents qui s'étaient donnés rendez vous au Perray en Yvelines, le 5 décembre, pour un départ à 22 h pour deux courses de 30 et 75 kms au travers les forêts des Yvelines.

Après une petite demi heure de tranquillité sur route d'abord pour sortir du Perray, d'un passage sur le Pont Napoléon au milieu des étangs de St Hubert et de Pourras dans un 2ème temps, de sous-bois plat dans un 3ème temps, les premières difficultés démarrent avec des côtes et des descentes à répétition entrecoupées de petites monotraces en devers qui sont de difficiles épreuves pour les chevilles.

Mais la recherche de parcours hors norme ne s'arrête pas là, à peine cette première difficulté passée, les coureurs parcourront un joli petit « marais » (baptisé ainsi par l'organisation) où il faudra que vos chaussures soient bien lacées pour ne pas les laisser dans un fond de boue. A la sortie de ce labour, c'est l'arrivée sur le village des Mesnuls et la descente face à son château. Vue magnifique et imprenable. OUF ! On peut se relâcher et taper ces chaussures pleines de terre sur le bitume durant un petit kilomètre au travers ce beau village.

C'est reparti dans les bois, les coureurs sont guidés par cette rubalise rouge et blanche que tout le monde connait, mais ici (particularité unique de l'Origole) il y a un fluorescent en plus qui scintille dès que la frontale l'éclaire. C'est fabuleux et ça vous guide facilement. De plus l'organisation n'hésite pas à placer des morceaux de rubalise par terre pour signaler les pièges de la nature et à tendre des morceaux de ruban entre les arbres pour les changements brutaux de direction. Quel boulot de l'organisation !

Les coureurs atteignent cette fois la 2ème grosse difficulté de cette boucle où les montées-descentes se succèdent sans relâche au milieu d'une sapinière magnifique avant d'atteindre l'étang des Maurues. Encore un étang me direz vous, c'est aussi un principe de cette course … A l'Origole on fait le tour des étangs de la communauté de commune des Etangs. Le parcours devient maintenant un peu plus roulant mais la pluie des dernières semaines a rendu le terrain relativement gras. Les lignes droites en sous bois se succèdent, on glisse, on saute les rigoles et l'on se retrouve même dedans avant d'en longer une énorme.

Après avoir passé un tout petit pont de pierre, les coureurs parcourent un chemin monotrace le long de l'étang de Corbet avant de découvrir que l'organisation a mis à disposition des coureurs une échelle en fer badigeonnée de fluo jaune pour passer un muret de pierre. C'est le retour sur le Perray, les lumières du village apparaissent au fond de la plaine, c'est très difficile à cet instant car c'est la fin de la 1ère boucle, les jambes sont lourdes, de plus le vent s'est mis à souffler face aux coureurs. On emprunte deux-trois rues de bitume dans le Perray avant de se retrouver au chaud dans un gymnase, mis à la disposition par la municipalité avec un ravitaillement gigantesque et proportionné aux efforts fournis. A cet instant c'est la fin de la balade pour les coureurs de 30 kms et ce n'est que le 1er tiers pour le 75 kms.


La particularité de cette course, c'est aussi ... ce gymnase, car après une balade en moyenne de 3 h à 4 h dans les bois, on rentre au chaud où l'on est accueilli par des bénévoles d'une douceur extrême qui se dévouent à vous demander ce que vous avez envie de manger, de boire, ils vous indiquent tout ce que le coureur peut bénéficier et ils vont même à vous remplir votre poche à eau.

Petit émargement pour signaler votre départ pour l'assaut de la 2ème boucle, les bénévoles vous indiquent le chemin à suivre et vous pouvez même, peut être, vous faire accompagner sur les 100 premiers mètres et vous serez sûrs d'être sur le bon tracé. Direction le village d'Auffargis et la boucle des Vaux de Cernay et comme l'organisation n'est jamais à cours d'idée, elle a décidé de changer le sens de cette boucle par rapport aux années précédentes.

Comme chaque année les coureurs passeront près de l'étang du Perray avant de passer dans le village d'Auffargis où il y a les bénévoles qui attendent et dirigent les coureurs. C'est parti pour les montagnes russes des Vaux de Cernay, des traces inédites, des passages en solo dans des sapins, on passe dans des rigoles pleines de pierres, par moment on passe sur le GR où l'on peut relancer la machine mais le parcours est de plus en plus éprouvant pour les cuisses. On traverse la route au point le plus loin du Perray, on peut se considérer à la moitié de cette B2 mais la traversée de la forêt des Vindrins est tout aussi redoutable avec des montées plus longues que sur le précédent versant. On peut dire versant car ici, dans cette nuit noire au milieu de nulle part, on peut se croire à la montagne !! Car les coureurs viennent toutde même de se «taper» + de 1 100 m de D+ en 20 kms.

Ayé ! c'est le retour sur le Perray, on longe la même énorme rigole qu'à l'aller, les coureurs passent le pont SNCF et en quelques mètres les coureurs se retrouvent au chaud du gymnase pour un nouveau ravitaillement. On repart par la même porte pour rejoindre la B3, on reste (sur le conseil des bénévoles) sur le trottoir, on traverse le carrefour et en peu de temps on se retrouve de nouveau dans la forêt tout à proximité de notre village d'accueil. Cette fois, on passe par dessus la N 10 et on (re) rentre dans la forêt. Les premiers de la course sont passés en pleine nuit à cet endroit, les autres découvrent ce parcours avec les premières lueurs du jour. Un nouvel étang, Le Gruyer, on le longe avant de le traverser et de nouveau une monotrace en pleine forêt, certains coureurs apercevrons même une famille de sangliers et d'autres la famille Walt Disney (biches et cerfs). Cette fois c'est l'Etang du Coupe-Gorge, on a la chance de le découvrir par un petit passage souterrain avec une barrière à enjamber. Elle n'est pas très haute mais après autant de souffrance, avec des jambes lourdes, elle semble infranchissable pour un bon nombre de concurrents. Les rigoles continuent, nous sommes en plein dedans, un chemin boueux derrière un champ de tir, des traces au milieu des fougères, un petit chemin tranquille et l'on tourne à gauche dans une toute petite monotrace où seul les animaux sont passés !!


Ouf ! On vient d'échapper à une montée, c'est bizarre, les traceurs devaient eux aussi en avoir plein les «bottes» de monter. On arrive à la limite du parcours, vers la route de Poigny la Forêt, on est sur le retour vers le Perray. De nouveau, superbe chemin monotrace emprunté par les chevaux, on y voit les traces des sabots, le parcours est complètement diffèrent des deux premières boucles. Ce sont des lignes droites très boueuses et par moment c'est presque impossible de courir tellement la terre colle aux chaussures. On traverse de grosses rigoles, elles font de plus en plus mal aux jambes, on est au milieu des fougères, elles sont tellement hautes que l'on ne peut distinguer si il y a quelqu'un devant ou derrière vous.

La boucle semble bientôt terminée, après un passage dans un superbe chemin VTT, on revient à l'étang du Coupe Gorge. Deux bénévoles attendent les coureurs et leur indiquent le chemin à suivre, on traverse une route et l'on prend à gauche une superbe sapinière où l'organisation nous a trouvé une trace étroite et magnifique. A la sortie, c'est traversée de rigoles,ça casse les jambes mais l'arrivée se rapproche ...on se force à sauter, à remonter, on traverse une route en travaux.
De nouveau les sous-bois, on aperçoit le village du Perray, on entend le bruit des voitures. On emprunte un vrai champ de patates et l'on se retrouve le long de la N 10. Le terrain est défoncé par les camions car les arbres le long de la N 10 ont été coupés. La terre colle fortement aux chaussures, ce sont les deux derniers kms et cette course est toujours aussi difficile.

C'est fait ! il semble que la forêt, les bourbiers, la terre collante sont derrière nous, les rubalises sont accrochées sur des panneaux, sur les clôtures des maisons nous sommes en ville pour finir cette «ORIGOLE».

C'est la fin, chacun des coureurs ouvrent la porte du gymnase, on relève le numéro de dossard, on nous demande «L ou M» pour le tee shirt finisher, celui là on sait qu'il est bien mérité tellement la course a été longue et difficile. Unanimement tous les coureurs diront que cette course à une âme particulière, et malgré un nombre important de participants, l'ambiance famille persiste avec une organisation et des bénévoles au petit soin pour tout le monde. La convivialité et la chaleur humaine sur cette épreuve est vraiment admirable et le ravitaillement est gargantuesque. C'est presque normal me direz-vous, la course est tellement dure. Il faut souligner ce balisage extraordinaire avec ce fluorescent scintillant dans la nuit au travers les frontales alors par moment, on peut toujours se tromper mais très souvent c'est du fait de l'inattention du coureur.

Cette course est, selon l'organisateur, la 5ème et dernière édition de nuit car l'ONF ne veut plus autoriser les courses de nuit sur le 78 car une espèce d'animaux est protégée. Beaucoup de coureurs sont déçus par cette décision et dès le lendemain certains s'investissent et se demandent sur les différents forums de course à pieds comment ils peuvent faire pour aider cette petite association «ALTERNATURE 3 R» a continué dans le même principe.

«L'ORIGOLE EST VRAIMENT UNE EPREUVE HORS NORME ET ELLE NE RESSEMBLE A AUCUNE AUTRE» comme le rétorque le vainqueur Sébastien Lefebvre sur le podium.

Voici un bel hommage de ce grand champion à cette grande course.

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Philippe Clément.
http://www.alternature3r.fr/